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Banque d’expériences

Le libre séduit de plus en plus les collectivités locales (2006)

Publié le 14/12/2006
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Reprise d’un article publié sur le site Villes Internet (http://www.villes-internet.net/UPLOAD/article/pages/1011_article.php), suite à la remise des Labels Villes Internet le 4 décembre dernier.
Par Romain Goalès - Chargé de mission pour le Label Ville Internet.

Cette année, l’administration française devrait consacrer 9% de son budget informatique à l’open source et aux logiciels libres, prédit une étude du cabinet Markess International. En 2005, ce chiffre était de 6%.
Le domaine applicatif (développement logiciel) est le plus cité pour les projets open source et les logiciels libres par les responsables des administrations avec 81% des réponses. Suivent les solutions serveurs avec 79% des réponses et la migration vers la suite bureautique OpenOffice, à hauteur de 65%.
L’engouement des collectivités locales pour ces solutions ne se démentie pas. Le succès du lancement cette année de la mention libre par le label Ville Internet vient le confirmer une nouvelle fois.

Le choix politique qui incite à l’utilisation du libre réside sur :

La qualité (certains logiciels fonctionnent mieux que des licences payantes) La performance des logiciels actuels, est tout aussi bonne que les logiciels les plus utilisés.

La réactivité (Elles sont mis a jour régulièrement) Le choix des logiciels libres est souvent fait car ils permettent de bénéficier des dernières avancées techniques sans remise en cause de l’existant. Cela est surtout vraie pour les sites internet municipaux. Spip et Lutèce sont particulièrement appréciés. Ils permettent également une administration directe du site par la ville, ce qui représente une souplesse et une économie pour la collectivité.

La pérennité par la maîtrise du code source et de son évolution (la licence payante devenant obsolète rapidement) et le partage de l’esprit coopératif entre utilisateurs des logiciels libres.

Le coût. L’argument du prix des licences reste évoqué pour favoriser un passage à l’open source : les collectivités faisant le choix du libre, estiment que cela reste un poste de dépenses trop élevé. En effet, le prix d’acquisition des logiciels libres favorise une utilisation massive sans cette contrainte de paiement de licences multiples pour chaque poste de travail.

La liberté. Ce critère implique que ce choix est également politique. C’est un moyen de lutter contre les monopoles et de se désengager de la situation de clients captifs que beaucoup ont l’impression de vivre avec les solutions propriétaires.
L’adhésion à l’ADULLACT (association assurant la mutualisation de logiciels libres pour institutionnels) vient souvent parachever ce cheminement. Elle permet notamment aux collectivités ayant développé une solution de la mettre à disposition des autres collectivités.

La nécessité de l’interopérabilité (leur capacité à s’adapter aux solutions propriétaires) qui doivent encourager les formats et protocoles ouverts. Selon les utilisateurs, le principal avantage cité pour l’adoption des logiciels open source est la possibilité de les adapter à des besoins spécifiques ou de les combiner avec des systèmes propriétaires.

La confidentialité des informations. La perspective d’un maintien du niveau de confidentialité des informations est l’un des futurs enjeux.
Un Etat peut-il admettre que tout ou partie de ses correspondances et de sa documentation soit stocké sur les ordinateurs d’un tiers comme semble le laisser penser les dernières évolutions des solutions des grands groupes informatiques ? Probablement pas, et c’est un point technique qui va prendre une part de plus en plus importante dans le débat sur la généralisation du logiciel libre dans les administrations.

Si les avantages de l’adoption des logiciels libres sont désormais connues des collectivités locales, des doutes subsistent. Parmi les craintes évoquées, on retrouve encore le coût de la formation nécessaire à la maîtrise de ces nouveaux logiciels.
La gratuité du libre est en effet un mythe. La formation nécessaire à l’installation de ces logiciels à un coût.
Il reste cependant moins élevé que l’adoption d’un système propriétaire pour l’ensemble du parc informatique d’une collectivité.
Les programmes de formations se font généralement sur deux jours et avec la mise à disposition d’une hotline dans les semaines suivants la formation, les agents administratifs réussissent à s’adapter au changement.

Le recours au logiciel open source répond à un soucis de gérer au mieux les deniers publics, mais aussi et plus largement de reconquête « des biens communs ». Car il possède une utilité sociale : il permet une réelle appropriation citoyenne de l’informatique. Au-delà, et de manière plus pratique, il permet un apprentissage approfondi, une correction plus rapide des erreurs, une pérennité, une souplesse par l’adaptation du logiciel à des besoins particuliers.
La collectivité a un rôle d’entraînement vis à vis de la population pour faire découvrir cette alternative. C’est notamment le cas au sein des espaces publics numériques.
Des formations aux logiciels libres sont dispensées dans ces espaces multimédias afin de montrer et initier les usagers à des alternatives des logiciels courant commerciaux, ceci dans l’optique d’éviter le piratage. _ Ces logiciels sont par exemples : GIMP, open office,... Ces espaces sont équipés en logiciels libres dans 63,51% des cas.
Des Install Parties sont également organisées. Ces dernières permettant aux usagers d’installer gratuitement des logiciels libres sur leurs propres machines.

Le choix du libre n’est donc pas neutre. Il implique une redéfinition du rôle de chacun.
Il est essentiel que les pouvoirs publics ne se cantonnent pas dans un rôle de consommateur mais deviennent acteurs en consacrent une partie des fonds qu’ils dégagent en adoptant le libre, à la constitution d’équipes de développeurs chargées de faire progresser le logiciel, pour le profit de toute la communauté des utilisateurs. C’est dans cette démarche que semblent s’engager la France. L’administration centrale va en effet adopter la suite bureautique OpenOffice. Une adoption massive puisqu’elle concerne 400 000 postes, et ceci, dès l’an prochain. _ Il s’agit de la plus grande migration jamais réalisée.

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